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11 Questions for… Roland Anhorn

November 10, 2010 | bit-wartung | SDC Experiences |

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Roland AnhornIn our new series “11 Questions for…” we ask people from in and around SDC and the KM world the same 11 questions. Our goal is to offer insights into different working methods, different ways of looking at individual and institutional learning, and different ideas and opinions on how to make organisations more efficient… And, along the way, to hear interesting stories and experiences our interviewees have in store.

Our first interviewee is Roland Anhorn, Senior Advisor at the Africa Division of SDC’s Humanitarian Aid and SHA Directorate. This interview is not only the series’ premiere, it is also the first ever article on our blog in french, paying tribute to the multilingual nature of our organisation and the global environment we work in. To our english-only-speaking readers: don’t worry, we will continue to post the vast majority of our articles in english, but for interviews we like to leave the choice of language to the interviewees. To our french-speaking readers: enjoy!

Lesquelles de vos tâches quotidiennes remplissez-vous avec efficacité particulière ? Qu’est-ce qui vous fait si efficace dans ces tâches ?

Mon MERV [=”Monitoring entwicklungsrelevanter Veränderungen”; rapport régulier sur les changements avec influence potentielle sur le développement  dans un pays/dans une région. NDR] quotidien sur «ma région» en particulier, mais aussi sur l’ensemble des situations qui pourraient amener à une re-action humanitaire et donc influencer le déroulement de notre travail. Cela me permet d’anticiper au mieux le déroulement de ma journée de travail et, le cas échéant, de reformuler les priorités et/ou créer de l’espace pour les imprévus.

 

Qu’est-ce qui pourrait vous aider à être plus efficace dans la réalisation de votre travail quotidien ?

Après une activité/mission terminée, me prendre le temps pour mettre en œuvre les leçons à apprendre. Cela me permet d’agir de plus en plus pro-activement, d’être vigilent et de réduire ainsi progressivement le nombre d’imprévus possibles lors d’événements futurs.

 

Quelle partie de votre travail quotidien aimeriez-vous réduire ? Et à quelle partie aimeriez-vous accorder plus de temps ?

a) Des séances sans ordre de jour, sans préparatifs, sans objectifs fixés, sans next-steps clairs, sans solution des problèmes, sans créer des nouvelles idées.
b) Des rencontres et échanges pluridisciplinaires (par exemple aide humanitaire + coopération au développement + politiques de paix + décideurs) qui visent à trouver et à arriver à des solutions durables et qui mettent les mandats respectifs et ses bénéficiaires au centre des préoccupations. On pourrait ainsi dire: «Des templates vers les bénéficiaires!»

 

Quels instruments électroniques sont indispensables pour l’information et l’échange dans votre travail?

Je souhaiterais avant tout moins d’électronique. L’électronique permet certes des échanges plus rapides mais nuit en même temps à la véritable délégation et à des rencontres «face to face» indispensables dans notre travail. Nous devrions réduire notre «zapping électronique» à un strict minimum, fermer plus souvent l’Outlook et tenter de revenir à un rythme plus aptes à la réflexion interdisciplinaire et au brainstorming collectif… Dans le sens «Roulons doucement, nous sommes pressés!»

 

A quand remonte votre dernier échange d’expériences avec un/une collègue? Quel était le sujet ?

Il y un petit moment seulement de cela … avec un chargé de programme expérimenté qui se pose – certes grâce à cette expérience – aussi de plus en plus des questions fondamentales et pertinentes.
Le sujet était: les limites de la cohérence dans le cadre du «Whole of Government-Approach».
Le résultat de ce WoGA n’est probablement pas l’harmonie et la cohérence complètes, mais plutôt la mise en évidence des incohérences de notre système ou encore les différences des valeurs et nous amène à la question: «Si l’on ne peut éradiquer ces incohérences, comment, le cas échéant, vivre avec?»

 

Quelle pratique ou quel instrument utilisé dans votre équipe pouvez-vous recommander pour l’échange d’expériences?

D’avantages de «face to face».
Mais aussi les échanges d’expériences (bonnes et mauvaises) continus et multidisciplinaires afin de construire des solutions (plus) durables.
Éviter aussi que le savoir et les expériences deviennent un facteur de pouvoir.
Sous cet angle du «partage continu et transparent des expériences», les départs (inévitables) des compétences ne deviennent que rarement un problème majeur, car le transfert du savoir se fait continuellement.

 

De qui pensez-vous apprendre le plus pour votre travail ?

De mes échanges avec des collaborateurs et collaboratrices qui réfléchissent sur les mêmes questions avec parfois un autre parcours, une autre formation, d’autres priorités, d’autres convictions, un autre âge. En quelque sorte «Arriver au même but par d’autres chemins», comme écrivait une fois Che à son ami Allende.
J’apprends aussi de mes propres expériences et leurs changements et enrichissements dans le temps.
Et enfin, j’apprends des erreurs… des miennes et celles des autres.

 

Quel document vous a récemment impressionné ou étonné?

Ce n’était pas un document, mais une phrase d’une réfugiée congolaise au Burundi.
A ma question «Quelle est votre désir le plus ardent?» elle m’a répondu spontanément: «Pouvoir manger en paix!»
Une phrase aussi simple que complexe. Elle parle de la sécurité alimentaire, de la sécurité économique et de la sécurité humaine. Pour lui aider à réaliser son rêve, il faut donc en plus de l’aide humanitaire, certainement aussi de la coopération au développement et de la diplomatie de paix… Mais avant tout une volonté ferme des politiques de vouloir changer les injustices sociales sur cette terre.
L’exemple montre aussi les limites de l’influence d’une DDC dans un contexte qu’elle ne contrôle pas. Un constat non-négligeable quand on veut communiquer au Parlement et au peuple la «wirkliche Wirksamkeit» [efficacité réelle, NDR] de notre travail.

 

Quel événement de formation récent vous a influencé de manière particulièrement forte ? Pourquoi ?

Le proverbe rwandais lors d’un séminaire à Kigali:
«Chaque histoire a trois vérités: la mienne, la tienne et celle qui s’est réellement passée!»
Cela aide à élargir les pensées, les sensibilités, les analyses, cela aide à relativiser les choses.

 

Que signifie le terme d’«apprentissage organisationnel» pour vous?

C’est avant tout l’apprentissage (lessons to be learnt) et surtout la mise en œuvre de ce que l’on a appris! Être prêts pour et préparés aux changements, sans perdre pour autant la loyauté envers les valeurs que la DDC défend. Comme le dit par ailleurs parfaitement la stratégie du bras humanitaire de la DDC: «Der Tradition und der Zukunft verpflichtet!» [Obligé à la tradition et au futur! NDR]
 

Que changeriez-vous dans votre organisation pour la rendre plus efficace ?

Connaissance de toutes et tous (terrain et centrale) de ce que j’appelle «ein übergeordneter verbindlicher Referenzrahmen» [cadre de référence obligeant d’ordre supérieur, NDR]. Autrement dit, les collaboratrices et collaborateurs connaissent parfaitement les limites du terrain de jeux sur lequel ils/elles peuvent déployer pleinement toute leur créativité.
En m’efforçant de prononcer cette dernière phrase politiquement aussi correcte que possible, je ressens tout à coup un nœud dans mes tripes: On sera donc certes encore plus efficient et crédible au moment où on aura outrepassé des problèmes qui ne le devraient finalement plus l’être… Je parle de la discussion autour de l’égalité des genres qui doit enfin passer de l’écriture et de la parole à la pratique.

Merci beaucoup, Roland!

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